Pendant longtemps, l'assurance d'un prêt immobilier restait figée : une fois le crédit signé, changer de contrat relevait du parcours du combattant. La loi Lemoine a rebattu les cartes. En 2026, vous pouvez résilier et remplacer votre assurance emprunteur quand vous le voulez — et à la clé, souvent plusieurs milliers d'euros d'économies. Voici ce qu'il faut retenir.
Changer à tout moment, sans attendre de date anniversaire
C'est le cœur de la réforme : tout emprunteur peut changer d'assurance de prêt à n'importe quel moment, sans préavis ni date butoir, quelle que soit l'ancienneté du crédit. La seule condition est de proposer un nouveau contrat offrant des garanties au moins équivalentes à celles exigées par la banque — c'est le principe de l'équivalence de garanties. La banque ne peut pas refuser un contrat équivalent ni facturer de frais pour la substitution.
Le questionnaire de santé supprimé, sous conditions
La loi Lemoine a aussi supprimé le questionnaire médical pour une partie des emprunteurs. Deux conditions doivent être réunies :
- La part de capital assuré ne dépasse pas 200 000 € par personne (soit jusqu'à 400 000 € pour un couple qui assure chacun 50 % du prêt) ;
- Le crédit est remboursé avant les 60 ans de l'emprunteur.
Dans ce cas, plus de formalités médicales : un vrai soulagement pour les profils qui, autrefois, se voyaient appliquer des surprimes ou des exclusions.
Le droit à l'oubli ramené à cinq ans
Autre avancée : le droit à l'oubli est désormais fixé à cinq ans. Les personnes guéries d'un cancer ou d'une hépatite C n'ont plus à déclarer ces antécédents cinq ans après la fin de leur protocole thérapeutique, et bénéficient d'une tarification standard, sans surprime.
Combien peut-on réellement économiser ?
L'assurance représente souvent une part importante du coût total d'un crédit — parfois près d'un tiers. En faisant jouer la concurrence, notamment lorsque le contrat de groupe de la banque a été souscrit sans comparaison, l'économie sur la durée du prêt peut atteindre plusieurs milliers, voire une dizaine de milliers d'euros, selon le profil et le capital restant dû. Le levier est d'autant plus fort en début de prêt, quand le capital assuré est élevé.
Et pour un frontalier qui finance en France ?
Les frontaliers qui achètent un bien en France sont pleinement concernés. Leur situation (revenus en francs suisses, statut particulier) rend d'autant plus utile un contrat sur mesure plutôt que l'assurance standard de la banque. Bien calibrée, la délégation d'assurance permet d'aligner les garanties sur le profil réel de l'emprunteur tout en réduisant la facture.
Avant de résilier, vérifiez que le nouveau contrat couvre bien toutes les garanties demandées par votre banque (décès, PTIA, incapacité, invalidité, et parfois perte d'emploi). Un écart, même minime, peut justifier un refus de substitution.
Se faire accompagner pour comparer
Comparer les offres, vérifier l'équivalence de garanties et monter le dossier de substitution prend du temps et demande un œil averti. Un courtier chiffre l'économie potentielle sur votre prêt et gère la bascule de bout en bout, sans démarche lourde de votre côté.